CroQu’terre recrée le lien entre les producteurs et les consommateurs
Rapprocher les agriculteurs et artisans locaux des personnes souhaitant se nourrir avec des aliments bio: lancé il y a près de dix ans, le concept croQu’terre essaime autour de Romont (FR). L’association a vu le jour en 2012 et a livré ses premiers paniers en 2013. «Nous voulons que le consommateur puisse suivre la vie d’une exploitation pendant un an, en s’adaptant au rythme et aux contraintes des saisons, explique Lukas Bieler, conseiller clientèle dans une banque et actuel président de croQu’terre. Il manque parfois des denrées alors que d’autres poussent en abondance. Ce sont les aléas des métiers de la terre dont tout le monde n’est pas conscient.»
On est convaincu que, dans une ville qui croît comme Romont, ce service a sa place et surtout du sens.
Partie prenante de l’aventure depuis le départ, Lukas Bieler a repris les rênes de l’association lorsqu’elle était au creux de la vague, en 2020. «Nous ne pouvions plus payer nos salariés. Désormais, on fonctionne de nouveau grâce au bénévolat, poursuit-il. On a livré jusqu’à 100 paniers par semaine au plus fort de notre activité, contre 75 en moyenne actuellement. On souhaite encore se développer, la population étant davantage sensibilisée à cette thématique.»
Avantages communs
Aujourd’hui, ce projet d’agriculture contractuelle de proximité réunit seize producteurs romands. Chaque jeudi, les agriculteurs, boulangers ou encore apiculteurs livrent leurs denrées à Romont, en respectant le volume des commandes. Les choux-fleurs et autres pommes de terre arrivent par cageots entiers. «C’est pratique, cela nous évite des trajets pour nous rendre chez les particuliers, ce qui prend beaucoup de temps. Mais il faut aussi anticiper en fonction de nos récoltes, note André Rossier, maraîcher à Corjolens et membre depuis 2016. CroQu’terre se charge de la logistique et de l’administratif. C’est ça de moins à effectuer. Finalement, chaque partie est gagnante!»
Deux bénévoles s’occupent alors de concocter les corbeilles contenant des fruits, des légumes, des produits à base de lait, des œufs ou encore du pain. «Le but est de faire découvrir les aliments locaux en facilitant à la fois la tâche des producteurs et celle des clients, qui passent commande», poursuit Lukas Bieler. Puis l’association achemine les paniers, de la taille souhaitée, dans les différents points de collecte situés dans les environs.
Former un réseau pour être plus forts
L’association croQu’terre est membre de la Fédération romande d’agriculture contractuelle de proximité (FRACP) depuis 2014. Elle adhère à l’idée de conclure un accord entre producteurs et consommateurs, c’est-à-dire que les familles s’engagent sur le long terme – pour une saison ou sur un an par exemple – à acheter des paniers remplis de marchandise de proximité. En 2020, la FRACP regroupait trente entités, d’exploitations occupant un hectare à d’autres s’étendant sur 50 hectares, combinant notamment maraîchage et grandes cultures. Elles ne sont donc évidemment pas capables d’approvisionner le même nombre de consommateurs: certaines fermes livrent une trentaine de corbeilles garnies par semaine, alors que d’autres peuvent desservir jusqu’à 600 ménages.
+ d’infos www.fracp.ch
Divers lieux de ravitaillement
Tous les consommateurs ne pouvant pas se rendre à Romont toutes les semaines, des accords ont été trouvés avec les fromageries d’Ursy, du Crêt et de Bouloz afin que les clients puissent venir s’y ravitailler, alors qu’un autre point de collecte a vu le jour exclusivement pour les employés d’une entreprise à Bulle. Si la distribution de paniers a diminué, les comptes de l’association sont désormais stabilisés. «Quand on lance ce genre d’initiative, il faut de la patience et de la persévérance, conclut Lukas Bieler. On est convaincus que, dans une ville qui croît comme Romont, ce service a sa place et, surtout, qu’il a du sens.»
+ d’infos
www.croquterre.ch
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